21 Janvier

Des Rivières En Hiver

CORA-LABA-RIVIERES-simple

1er titre / 21 janvier 18
 
D’un hiver à l’autre, je dessine le cours de l’eau.
De saison en saison, mon eau taille sa route, contourne les obstacles, joue avec le relief, et continue de descendre son chemin.
De la source à l’océan,
Pour retourner en vapeur
Pour épouser ce cycle, le 21 de chaque mois, je posterai un titre, un fragment du processus de cette course. Des souvenirs de violent bonheur ou de douce mélancolie auprès d’un glacier, d’une rivière, d’un torrent furieux ou d’un lac, d’un raz de marée, d’un océan.
 
Ca commence par un deuil, un certain hiver où tout le corps d’un être cher se glaçait. En laissant couler l’eau sur mon visage, je lui promettais de me remettre en route, de transcender cette glaciation en sons pour réchauffer nos cœurs.
Une étape importante de l’écriture de cet album se fera au cours d’une résidence de création sur un bateau pris dans la banquise du Groenland, le Manguier dans le cadre du projet “Artistes en Arctique”, à la source d’une des plus grande réserve d’eau douce en forme de glace. Pour enregistrer le bruit de l’eau qui fond, qui passe d’un état à l’autre, la ‘sublimation’ dit-on dans les bouches des physiciens, un pied dans l’hiver un autre dans le printemps qui vient.
Et puis l’eau qui manque, le soleil qui nous brule les yeux et la langue, sécheresse parfois.
Mais l’eau revient,
nous attendions la pluie
la voilà à nouveau 

 

 

J’ai gardé comme un trésor au cœur
Des rivières en hiver, des rivières de verre
Elles ont coulé dans sa main que je serre
Un peu juste avant l’heure, juste avant qu’il ne meure
J’ai gardé comm un trésor au cœur
Des rivières en hiver, des rivières de verre
J’ai attrapé leurs chants de prisonnières
Quelque part sous la glace comme un frisson qui passe
My dad did it that day
My dad is dead today
« It’s too late to cry, baby
It’s hard to die,
but you have to let it go
Let me go »
Nos sens avaient perdu la trace
Dans les pentes d’hier, inondées de lumière;
Le blanc se jouait de l’espace,
Et le ciel ventre à terre enveloppait nos repères;
Des lignes ont surgi du blizzard,
Dessinant au hasard des figures de pierre;
Elles m’ont chuchoté « Ne t’en fais pas, ma sœur »,
Et disparu sans crier gare, avalées par le brouillard.
He left me with a big hole full of joy
He took my hand and chose the end
« I am so happy that I lived that way
I am so happy, but leave me anyway »
J’ai gardé comme un trésor au cœur,
Des rivières en hiver, des rivières de verre;
J’ai attrapé leurs chants de prisonnières,
Quelque part sous la glace,
Comme un frisson qui passe